Howdi ho, folks ! !
So here I am, in Minneapolis, Minnesota, Great Plains, Midwest, USA. There's already a whole lot of things I need to tell you about this area, how I pictured it before I first came here (to make a long story short : sorry Yank buddies, but this IS Laura Ingalls's homeland, after all) and what I actually found out it was like (let's say, the covered wagon's made some progress since Pa first built a Little House in that Prairie.) But before we get into this, let's be (geo)political.
See, the Midwest may be wild by nature, but oftentimes, politics is even wilder. And what makes it even more relevant to discuss politics on this blog : you can draw wild parallels between what's happening on both sides of the Atlantic in that field, these days. So, just to draw you the big picture...
Alors que Dominique de Villepin, ex-Premier ministre français (et sans doute bientôt Jacques Chirac, ex-Président de la République française) est enfin mis en examen pour répondre de magouilles politiques dans l'exercice de ses fonctions (grâce à des documents informatiques le mettant directement en cause, miraculeusement retrouvés au bout de trois ans d'enquête alors que leur auteur lui-même pensait les avoir effacés, à peine Nicolas Sarkozy élu à la tête de l'Etat -quel dynamisme il insuffle décidément à tout le pays, notre nouveau Président, jusque dans les rangs de la police scientifique !), George W. Bush, lui, pourrait avoir bientôt à s'expliquer devant la justice... républicaine de son pays.
Non, pas celle-là.


Récapitulons. Ici, la campagne des primaires bat son plein, alors que les congressistes démocrates n'arrivent toujours pas à convaincre leurs collègues républicains de voter avec eux le retrait des troupes d'Irak (nouvel échec au Sénat le 18 juillet, malgré une séance extraordinaire de 24h de débats.) Le sentiment d'impuissance qu'ils donnent, 8 mois après leur victoire écrasante aux élections générales de 2006, est tel que les sondages d'opinion continuent mois après mois de les créditer de scores historiquement bas : selon la dernière enquête Gallup, 27% seulement des Américains se déclarent satisfaits du travail du Congrès. C'est encore moins que Bush, qui oscille autour des 30% de popularité -pas de quoi pavoiser !
De fait, beaucoup de ceux qui avaient voté pour les "Dems" l'an dernier dans l'espoir de voir les troupes rentrer à la maison au plus vite n'ont pas digéré le fait que le Congrès se soit résolu à voter sans condition les 100 millions de dollars de crédits exceptionnels réclamés par Bush pour financer la guerre en Irak et en Afghanistan d'ici au 30 septembre. Le texte d'origine prévoyait un calendrier pour le désengagement des troupes américaines d'Irak et était assorti d'un paquet de mesures sociales chères aux Démocrates. Mais Bush y a opposé son veto.
Dans ce cas, seul un nouveau vote à la majorité qualifiée des deux tiers de chacune de ses chambres permet au Congrès de passer outre et d'imposer le texte au Président. Les Démocrates ont bien tenté leur chance, mais malgré une opinion de plus en plus défavorable à la guerre, la quasi-totalité des représentants républicains est restée fidèle au gouvernement et le texte n'est pas passé. Après des mois de bras de fer politique entre le Capitole et la Maison Blanche, la certitude de se heurter à un nouveau veto présidentiel s'ils revenaient à la charge a convaincu les congressistes démocrates de jeter l'éponge fin mai, au motif qu'ils ne pouvaient pas couper les vivres aux "boys" (apparemment, l'expression continue d'être employée avec une valeur générique, même si chacun sait qu'il y a aussi des "girls" dans l'armée américaine, de nos jours.)
On en pense ce qu'on veut, mais j'en profite pour vous livrer la réaction du présentateur vedette de la troisième chaîne d'info la plus regardée aux Etats-Unis, MSNBC (propriété de NBC Universal et Microsoft, autrement dit du gros monde coté en bourse). C'est une sorte de test comparatif : je vous l'accorde, Keith Olbermann est connu pour sa liberté de ton et présente une émission qui se veut ouvertement "décalée". Mais est-ce que vous pensez vraiment qu'on pourrait voir CA sur une télé privée française, même Canal + à sa grande époque ?
Hm ? J'ai envie de dire : "Camembert, les Français." Pour les leçons d'exception culturelle, on repassera.
La semaine prochaine, la Chambre des représentants doit se prononcer sur le financement de la guerre au cours de l'année fiscale 2008 (qui prend effet au 1er octobre 2007), ainsi que sur une proposition de loi exigeant du Pentagone un plan de retrait des troupes. Ca promet ! En arrière-plan, chaque jour ajoute son lot au décompte macabre des boys (& girls) tués dans les guerres engagées au Moyen-Orient.
Etrangement, tout cela ne semble pas affecter l'enthousiasme des Américains pour une pré-campagne présidentielle qui oppose pourtant les deux mêmes sempiternels partis :
En effet, les dons recueillis par les candidats aux primaires atteignent déjà de nouveaux records historiques. Politics as usual ? Voire... Au niveau symbolique au moins, on note des évolutions subtiles, mais significatives :
De fait, les motifs d'exaspération ne se limitent pas au fiasco irakien et au quasi-blocage de la vie parlementaire -c'est là qu'intervient mon parallèle avec les déboires judiciaires des ex-chefs de l'exécutif français : pendant ce temps, la commission des affaires judiciaires de la Chambre des représentants poursuit ses auditions sur le limogeage controversé en 2006 de huit procureurs fédéraux enquêtant sur des affaires de corruption susceptibles d’éclabousser des républicains et sur la mise en place après le 11 septembre 2001 d'un programme d'écoutes secrètes tout aussi controversé qui a permis à la NSA d'espionner les conversations téléphoniques de milliers d'Américains sans mandat judiciaire. Eh bien, croyez-moi, c'est au moins aussi folklorique que le corbeau et les vieux renards de l'affaire Clearstream !
La-dite commission vient ainsi d'entendre à nouveau le ministre de la Justice Alberto Gonzales (charmant personnage à plus d'un titre) au sujet notamment d'une visite secrète qu'il aurait rendue en 2004, en tant que conseiller juridique de la Maison Blanche, au ministre de la Justice de l'époque, John Ashcroft, SUR SON LIT D'HOPITAL, pour court-circuiter le ministre par intérim et obtenir son feu vert pour lancer le programme d'écoutes en question !!! (cf. ci-dessous le témoignage devant la commission des affaires judiciaires du Sénat du vice-ministre de la Justice de l'époque, celui que la Maison Blanche a voulu court-circuiter.)
Gonzales a de toute évidence menti comme un arracheur de dents, à l'indignation croissante des commissaires, démocrates et républicains confondus, qui n'ont pas eu de mots assez forts pour lui témoigner leur défiance. Pour les culturellement bilingues, voir absolument ci-dessous le traitement qu'en fait Jon Stewart dans son "Daily Show" :
Jeudi, le chef du FBI en personne a déposé un témoignage contredisant celui de Gonzales et hier, des parlementaires démocrates (soutenus par certains républicains) ont officiellement demandé l'ouverture d'une enquête pour parjure à l'encontre d'Alberto Gonzales... qui a peu de chances de voir le jour, étant donné qu'elle ne pourrait être ouverte, sauf erreur, que par un procureur spécial mandaté par le ministère de la Justice.
En tout cas, la coupe est pleine pour une bonne partie de la population, qui se demande ce que les Démocrates attendent pour intenter des actions plus offensives contre l'administration en place. Un mouvement de fond commence à émerger pour demander l'impeachment de George W. Bush et (plus encore) de Dick Cheney -personne n'a envie de voir Cheney assumer la présidence en cas d'impeachment du seul Bush ! Brrr...!
[Je vous rappelle que ce mec est capable de tirer sur ses amis septuagénaires juste pour le fun !]
Problème : la présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi avait déclaré lors de la campagne électorale de 2006 que l'impeachment ne faisait pas parti de son agenda. Entre temps, le candidat démocrate à la présidence le plus radical, le représentant de l'Ohio Dennis Kucinich, a déposé en avril une proposition de loi pour l'impeachment de Dick Cheney, que soutiennent désormais une quinzaine d'autres représentants, mais qui n'a pour l'instant pas été mise à l'ordre du jour de la Chambre. En l'absence d'initiative de la part de la commission à laquelle ce texte a été soumis pour examen, comme l'exige la procédure législative américaine pour toute proposition de loi, seule la présidente de la Chambre peut placer ce texte à l'ordre du jour du Congrès.
Lorsqu'on l'interroge sur le sujet, Nancy Pelosi ne se prononce pas officiellement contre une procédure d'impeachment à l'encontre de Cheney, mais répète que les Démocrates ont d'autres priorités que l'impeachment de Bush, à savoir arrêter la guerre et voter les mesures contenues dans leur plateforme électorale de 2006, comme rendre l'assurance maladie accessible à tous (d'ores et déjà un sujet phare de cette campagne présidentielle, au centre du dernier film de Michaël Moore, "Sicko", sorti le 29 juin et qui fait à juste titre beaucoup parler de lui : j'y reviendrai.) Les stratèges démocrates craignent, s'ils se lançaient dans une telle procédure à seulement 6 mois des premières primaires, de réunifier contre eux le camp républicain aujourd'hui affaibli et divisé.
Mais la mère courage du mouvement pacifiste, Cindy Sheehan - le sit-in devant le ranch texan des Bush, qui a gagné tout le pays à l'été 2005, vous vous souvenez ?- eh bien, Cindy Sheehan a repris son bâton de pèlerin pour promouvoir ce nouveau mot d'ordre ("Impeach !") et a décidé de se présenter contre Pelosi au poste de représentante de San Francisco au Congrès en 2008, si la leader démocrate ne fait rien d'ici là pour favoriser l'impeachment de Bush. Now, isn't THAT wild ?!!
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Saturday, July 28, 2007
THE BIG PICTURE
Ni celle-là, non.
Celle-là :
Posted by
Sahel
at
12:54 PM
1 comments
Labels: politics politique usa france impeachment gonzales NSA wiretapping medicare
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